Broder le patron Plastron et coudre une blouse

Il existe des patrons que l’on visualise immédiatement avec une version finale en tête. C’est précisément le cas du haut à personnaliser Plastron. Quand je l'ai imaginé, je me suis dit que son empiècement doublé sur le devant et le dos, offrait un terrain de jeu idéal pour laisser libre cours à la créativité. Petits plis religieuses, matelassage, broderie… les possibilités semblaient infinies.
Comme souvent, l’envie était là, mais le temps, lui, beaucoup moins. Cette blouse a donc longtemps mûri dans un coin de mon esprit avant que je ne me lance réellement. Et une fois décidée, un nouveau défi s’est présenté : plusieurs mois ont été nécessaires pour réaliser la broderie à la main, avant même de pouvoir couper et assembler le tissu.
Tout au long de ce processus, j’ai essayé de documenter les différentes étapes en photos, avec l’idée de partager à la fois l’avancée du projet et quelques conseils. Si vous avez, vous aussi, envie de personnaliser le patron Plastron avec de la broderie, vous trouverez ici mon retour d’expérience. Mon expérience en broderie étant limitée, il s’agit avant tout d’un récit d’expérimentations.

Commençons par l’inspiration derrière ce projet. Dans ma garde-robe, j’ai quelques blouses mexicaines rapportées de voyage que j’aime porter dès les beaux jours. Leurs broderies sont superbes, riches en détails et en couleurs. Pourtant, pour un premier projet de broderie, elles me semblaient peut-être un peu trop ambitieuses, notamment en raison de la multitude de fils et de petites fleurs à reproduire.
Au fil de mes recherches, notamment sur Pinterest, j’ai découvert de nombreuses blouses brodées dans des tons terracotta et écru. Cette palette douce et naturelle m’a immédiatement séduite : à la fois chaleureuse, intemporelle et plus accessible pour me lancer.
C’est finalement lors d’une visite chez Diffus’Laine que le projet a véritablement pris forme. J’y ai trouvé une popeline de coton dans une très belle nuance terracotta. Cette rencontre entre l’idée et la matière a agi comme un déclic : tous les éléments étaient réunis pour se lancer. La première pierre du projet était posée.

Il fallait ensuite concevoir le motif que j’allais broder. J’ai d’abord passé beaucoup de temps à chercher en ligne des motifs de broderie existants, mais aucun ne correspondait vraiment à ce que j’avais en tête, ni à la manière dont je souhaitais les intégrer à l’empiècement du patron Plastron. J’ai donc fini par décider de le dessiner moi-même.
J’ai l’habitude de tracer mes patrons sur ordinateur avec Illustrator. J’ai donc repris mes fichiers, isolé les pièces du patron correspondant à ma taille puis affiché l’empiècement à l’échelle sur mon écran. À partir de là, j’ai commencé à esquisser des motifs floraux directement par-dessus.
Pour ce projet, je me suis inspirée des motifs de fleurs que l’on retrouve dans les broderies japonaises Sashiko. Leur simplicité graphique et leur répétition m’ont semblé particulièrement adaptées à un premier exercice de broderie. L’avantage du travail sur ordinateur est que j’ai pu dupliquer facilement les formes et ajuster leurs proportions au fur et à mesure. Bien entendu, cette étape peut tout à fait être réalisée à la main, sur papier, selon les habitudes de chacun.
Et comme vous êtes nombreuses à m'avoir demandé le motif que j'ai dessiné, je vous mets le fichier PDF en accès livre. Vous pouvez le télécharger ici. C'est un fichier de départ pour tracer votre propre motif et l'adapter au patron Plastron à votre taille. Pensez à bien l'imprimer en taille réelle.

Voici le résultat une fois imprimé à l’échelle. Il est essentiel de travailler à partir d’un patron sans marges de couture afin de s’assurer que le motif ne sera pas tronqué lors de l’assemblage du vêtement. Cette précaution permet de visualiser précisément le rendu final et d’adapter le placement du dessin en toute sécurité.

J’ai ensuite décalqué à la fois mon patron et mon motif sur du Solufix. Il s’agit d’un papier hydrosoluble et légèrement adhésif, qui permet d’éviter de dessiner directement sur le tissu. C’est également un support pratique qui apporte un peu de tenue au textile pendant la broderie, un effet proche de celui d’un entoilage léger.

Je colle mon Solufix sur le tissu en respectant le droit-fil et c'est parti pour de longues heures de broderie en perspective :-)

Ne maîtrisant pas encore les différents points de broderie, j’ai choisi d’opter pour la simplicité. J’ai veillé à remplir toutes mes fleurs de la même manière, en privilégiant un point régulier et uniforme. Cela peut sembler simple en théorie, mais en pratique, la régularité demande de la patience et un certain apprentissage ! Petit conseil ;-) Je recommanderai de commencer par les pièces du dos pour se faire la main et de terminer par le Plastron devant.
Mon fil à broder est un fil de la marque DMC, coloris écru. J’ai utilisé au total trois échevettes pour ce projet. Le fil est composé de six brins, et j’ai choisi de broder en n’en utilisant que deux à la fois. Avec le recul, ce n’était peut-être pas l’option la plus efficace, car le temps de broderie s’en est trouvé considérablement allongé !
Ce projet m’a occupée pendant plusieurs mois, par périodes. J’ai réellement avancé en février dernier, lors d’un voyage en train en direction de l’Italie. Vingt-six heures aller-retour, cela laisse largement le temps de progresser sur sa broderie ! C’est d’ailleurs un loisir créatif particulièrement adapté aux longs trajets, qui permet d’avancer calmement tout en occupant agréablement le temps.

Et voilà le résultat ! Je me suis toutefois aperçue que la forme de mes pièces risquait de disparaître au moment du retrait du Solufix. Pour y remédier, j’ai pris soin de tracer les contours à l’aide d’un point de bâti afin de conserver mes repères pour la suite de l’assemblage.
J’avoue avoir ressenti une certaine appréhension après toutes ces heures de broderie à l’idée que le Solufix ne se dissolve pas correctement. J’avais simplement omis de faire un test au préalable, oups… Heureusement, tout s’est bien passé : le matériau se dissout très facilement à l’eau. J’ai ensuite passé mes coupons en machine afin d’éliminer les éventuels résidus, et le résultat est impeccable.
La partie couture est presque apparue comme une formalité après tout ce travail de broderie. J’ai donc cousu le patron Plastron, un modèle de haut à personnaliser qui permet de réaliser une robe. Sur mon blog, je propose un tutoriel pour le modifier afin d’en faire une blouse plus simple à coudre. Les manches utilisées ici sont les Manches Classiques en longueur courte.
J’espère que ma blouse brodée vous donnera envie d’explorer les possibilités offertes par l’association de la broderie et de la couture dans vos prochains projets créatifs.
Bonne broderie et bonne couture !
Charlotte









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